Comment il fonctionne
Un chauffe-eau thermodynamique est un ballon d’eau chaude surmonté d’une petite pompe à chaleur. Celle-ci prélève les calories présentes dans l’air, les comprime pour élever leur température et les cède à l’eau du ballon. Là où un ballon électrique classique consomme 1 kWh pour produire 1 kWh de chaleur, le thermodynamique en produit trois pour la même consommation.
Une résistance électrique d’appoint prend le relais lorsque l’air devient trop froid ou que le soutirage est important. Elle est normale et doit rester marginale : si elle se déclenche en permanence, c’est le signe d’un dimensionnement ou d’un réglage à revoir.
Air ambiant ou air extérieur : le choix décisif
Le modèle sur air ambiant puise dans un local non chauffé. C’est la version la plus courante et la moins chère, à condition de disposer d’un volume suffisant, en général 20 m³. Elle refroidit et déshumidifie le local, ce qui est plutôt un bénéfice dans une cave ou une buanderie humide.
Le modèle sur air extérieur est raccordé par des gaines à l’air du dehors. Il ne dépend plus du volume disponible et peut donc se poser dans un cellier, mais son rendement baisse quand la température extérieure chute, et l’installation suppose deux percements de mur soignés.
Il existe enfin des versions sur air extrait, raccordées à la VMC, réservées aux logements équipés d’une ventilation compatible.
Le dimensionnement du ballon
Un ballon trop petit vous laisse sans eau chaude en fin de journée et sollicite la résistance ; trop grand, il maintient en température un volume que vous n’utilisez pas. On compte en pratique 150 à 200 litres pour deux à trois personnes, 200 à 270 litres pour quatre à cinq, au-delà pour les foyers plus nombreux ou les logements avec baignoire très sollicitée.
Le temps de chauffe entre aussi en jeu : la remontée en température est plus lente que sur un ballon électrique. C’est sans conséquence si l’appareil est correctement dimensionné, pénible s’il est juste.
Aides et conditions
Le chauffe-eau thermodynamique reste éligible aux Certificats d’économie d’énergie et, selon les revenus du foyer, à MaPrimeRénov’. La TVA à 5,5 % s’applique dans les logements achevés depuis plus de deux ans. Comme pour tous les dispositifs, l’aide est conditionnée à une pose par une entreprise qualifiée RGE, et le devis doit être signé après l’accord de subvention, jamais avant.
Le coefficient de performance (COP) annoncé doit être mesuré selon la norme EN 16147, avec le profil de soutirage indiqué. Deux appareils affichant « COP 3,5 » ne sont pas comparables si l’un est mesuré à 7 °C sur air extérieur et l’autre à 20 °C sur air ambiant : demandez la condition de mesure.
Ce qu’un bon devis contient
La référence exacte du modèle et son volume, le type de captage retenu (ambiant, extérieur, air extrait), le local d’implantation, l’évacuation des condensats, le traitement de l’eau si votre réseau est calcaire, la dépose et l’évacuation de l’ancien ballon, et la mise en service avec réglage des plages horaires.
Ce dernier point est souvent négligé alors qu’il pèse directement sur la facture : programmer la chauffe en heures creuses, ou sur les heures d’ensoleillement si vous avez du photovoltaïque, change le coût réel de l’eau chaude sans toucher au matériel.